Furtif

Audioblog nonchalant

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Il y a deux ans, c’était Bashung ; l’année passée, c’était Higelin ; cet été, France Inter consacre une série biographique à Barbara. Passez votre chemin sur le premier épisode, sorte de compilation d’hommages de personnalités sans intérêt, donc absolument dispensable. La suite (deux volets pour le moment) tend à ressembler dans sa forme au splendide et très réussi De l’aube à l’aube diffusé il y a deux ans, et qui est d’ailleurs encore disponible sur le site de la Radio suisse romande.

18 juillet 2012 Non classé

Il y a peu de temps, des amis avides de connaissances ont lancé ce cri déchirant dans ma boîte mail : « Ca vous dit quelque chose une cartographie du rock et de tous ses sous-genres ? Les genres sont reliés les uns aux autres en fonction de leur parenté… »
En réalité, il n’existe pas une mais plusieurs cartes du rock et de la musique en général.

Taguons sobrement ce premier planisphère des mots sacrifice, mort, éventreur, chouette, musique, riff, permanente, église, hydromel, pentagramme : on y découvre les contrées du métal organisée dans une carte interactive (oui, comme dans « CD-Rom interactif ») :

Ailleurs, le ratio entre population et nombre de groupes de métal par pays a été calculé, accouchant d’une mappemonde où les pays nordiques ressortent largement. Une carte rendue ensuite cliquable (la méthodologie et les sources sont expliquées ici). D’ailleurs, si le death metal nordique vous intéresse, procurez-vous Until the light take us,  consacré à un pan agité de l’histoire du métal norvégien.

Plus ouverte, la carte de l’évolution des genre de musique occidentaux. Passons cependant sur le fait que l’Afrique ne soit désignée que sous le terme de musique africaine traditionnelle, comme si, à la différence des genres occidentaux, le continent ne connaisse qu’une seul genre indistinct ; et qu’ensuite la rumba congolaise, le kuduro ou l’afrobeat, entre autres, soient complètement oubliés malgré leur part dans les western dance music.
La musique africaine traditionnelle, qui prend la tête au départ, rapidement rejointe par Calypso des Antilles, outsider casaque blanche, alors que le Jazz casaque verte, grosse cote, apparaît à la corde aux 1910 mètres ; ça revient fort à l’extérieur avec le gospel dans la ligne droite des longs chants qui enferme Blues du Mississippi près du Old R&B casaque violette toque blanche qui voit se rapprocher en embuscade le jeune Rock’n roll plein de fougue, alors que Ska Jah Rasta Babylon fait un retour fracassant en compagnie de Soul sister pour lancer Rocksteady du noyer, énorme surprise, mais qui peine à l’entrée des 1960 mètres ; Disco, couleur saumon, reprend l’avantage dans le virage tandis que…

How Music Travels – The Evolution of Western Dance Music

Londres redessinée avec ses groupes maison :

Toujours à Londres, mais avec ce grand classique de la cartographie fun : le plan de métro. Le procédé n’est pas nouveau,  la représentation via un plan détourné de métro remonte a minima à 1992 lorsque  Simon Patterson crée The Great Bear, une carte du Tube londonien qui substitue artistes, philosophes ou peintres aux stations habituelles. Un principe repris en 2006 par Culture Vulture, l’un des blogs musicaux du Guardian, avec une centaine de noms de groupes :

London Underground Map sur The Guardian

Dans le même genre, la Rockmap d’Ernesto Lago :

Mais celle que j’ai immédiatement conseillée à mes amis dans la peine, c’est évidemment la plus complète, la plus soignée, la plus sujette à débats d’exégète des étiquettes : la Rock’n roll metro map, d’Alberto Antoniazzi.

Le Huffington Post a également construit sa propre cartographie musicale, le New York Music Project, un plan alimenté par les lecteurs, dessinant une nuée de références new-yorkaises dans les paroles des morceaux. La 110th street de Bobby Womack, l’erotic tale de Gosthface Killah à Staten Island, l’incident sur la 57e rue de Springsteen, le Luckiest Guy on the Lower East Side des Magnetic Fields, ainsi de suite avec les Beastie Boys, Rancid,  Suzanne Vega, Dylan (évidemment), etc.

La même idée, mais reprise de manière plus graphique par Flavorwire, cela aboutit à ceci (en plus, on peut écouter les morceaux évoqués ) :

 

Plus pratique, la carte des voisins à inviter lors d’une block party. Evidemment, il faut habiter New York.

 

Publié il y a 3471 jours En lire davantage à propos de

J’en parle bien assez régulièrement et depuis bien assez longtemps pour que vous sachiez sans doute de qui il s’agit : Dust and grooves lance un Kickstarter.
Dust and grooves, c’est Eilon Paz ; Eilon Paz, c’est ce photographe documentant les collectionneurs compulsifs de vinyles, les crate-diggers – pour la version longue et mieux expliquée, j’avais écrit sur lui en 2009. Depuis trois ans, son travail s’est étoffé, il a voyagé dans plusieurs pays et son site est passé d’un petit blogspot à une façade mieux organisée, regroupant notamment les mixes pointus demandés à chacun des diggers rencontrés, avec un tropisme certain pour la soul et le funk (certains se sont malheureusement perdus en route – les mixes, pas les diggers)

Eilon Paz a lancé un projet Kickstarter afin de soutenir la publication d’un livre sur son travail. Sans la musique, donc, mais avec les photos sur papier. Un vœu cohérent quand il s’agit de faire connaître ceux pour qui l’objet physique est primordial dans la musique. Il reste une vingtaine de jours pour dénicher une vingtaine de milliers de dollars. Certes, ce n’est que du fétichisme, mais c’est beau et riche.
[ A Photography Book About Vinyl Collectors ]

Adossé à cela, Eilon Paz a aussi ouvert un Tumblr pour y poster des à-côtés et quelques reliquats de rencontres précédentes.

Publié il y a 3472 jours En lire davantage à propos de

Publié il y a 3493 jours

Les couloirs d’une maison de retraite, ses formes courbées, ses silhouettes froissées, ses corps noueux et ses gestes lents, décor d’ouverture de ces quelques minutes. Deux et demie au moins qu’il faut entamer sans vous presser, lorsque des écouteurs sont posés sur les oreilles d’Henry, octogénaire aux souvenirs neufs chaque matin. On presse le bouton play. Puis…

Henry qui fredonne Cab Calloway, Henry et ses yeux, Henry et ses quelques souvenirs encore vaillants. Découverte début avril (en compagnie des deux ou trois premiers millions de primo-visionneurs) par le miracle de la sérendipité, j’ai appris qu’Alive inside est devenu un projet Kickstarter. Loin, très loin des premiers commentaires ne voyant en ce petit film qu’une publicité déguisée pour le baladeur Apple.
Pour expliquer à quel point cette vidéo remue profondément, il faudrait ici écrire un paragraphe intime et légèrement mystique affirmant qu’Alive inside est une preuve incontestable de l’importance vitale de la musique chez l’humain, un paragraphe nourri de citations mêlant n’importe quel philosophe allemand à de grands penseurs de la musique. Mais Chuck Klosterman a certainement déjà dû écrire quelque chose à ce sujet.

Publié il y a 3503 jours En lire davantage à propos de

Toute la semaine, la Fabrique de l’histoire refait celle du disque, annonçant successivement un musicologue, une histoire des disques Barclay et de la haute fidélité, un découverte de la discothèque de Radio France et enfin un volet sur la mondialisation culturelle. Ça commence demain à 9 heures sur France Culture.

Publié il y a 3507 jours En lire davantage à propos de

Un très court point technique. Ceux pour qui flux RSS et syndication n’évoquent rien d’autre qu’un vocabulaire crypto-soviétique peuvent aller gambader insouciants dans les vertes prairies d’internet.
Pour les autres, bonne nouvelle, le flux est réparé :
http://fur.tf/blog/feed/

C’est même disponible via Feedburner :
http://feeds.feedburner.com/Furtif

Merci de votre attention.

Publié il y a 3512 jours

Il y a quelques semaines, dans le petit amphi en sous-sol d’un centre universitaire parisien, une quarantaine de personnes raisonnablement barbues et tatouées vinrent suivre un séance consacrée à l’histoire sociale du rock. Dominique A en était l’un des invités. Chacun dans son fauteuil opinait du chef sur les conceptions du rock, de son histoire, ses spécificités. Néanmoins, de cet académisme attendu sur la manière de reparler du rock, la conversation prit un tour inattendu et plaisant. Du déjà lu, entendu et débattu « Pourquoi chanter en anglais dans le rock », Dominique A a porté la réflexion un peu plus loin que ce qu’il est convenu d’entendre d’habitude (« Le rock, c’est en anglais, et pas autrement »). Il fut question de phonétique et de fréquence, de yaourt et de la façon dont on s’approprie la sonorité d’une langue. Selon lui, l’écriture en français ne permet pas de projection sur la musique rock, a contrario de la singularité de l’anglais. Il rapporta une anecdote à propos de la post-production d’un de ses albums (le dernier ? ma mémoire me fait défaut). Les bandes furent adressées à un producteur anglo-saxon, le résultat aboutit à un échec : la manière de travailler et placer les voix diffèrent largement entre les deux langues. De fil en aiguille, la discussion versa vers les techniques de production et les sonorités. « Rarement les chroniques s’intéressent au travail musical et à la production, mais davantage sur ce que le disque dégage », déplora-t-il. En forme de conclusion, il y a selon lui davantage de défis à relever dans la chanson française, y compris dans la façon de la faire sonner. Une amorce de discussion passionnante.

Peu étonnant, donc, d’entendre Dominique A dans l’Atelier du son sur France Culture, vendredi dernier. Y sont évoqués son attrait pour le travail des sons, l’imaginaire et son goût prononcé pour les ambiances. Il revient un instant sur les sonorités des albums, notamment lorsqu’il parle de l’importance du quintet à vent sur son dernier. C’en est même frustrant de ne pas l’entendre davantage parler de cette façon d’aborder les disques.

- A propos du débat jamais clos opposant français et rock, la splendide série radiodocumentaire sur Alain Bashung offre notamment les témoignages de ses paroliers et les méthodes de travail de Bashung pour les faire « sonner » ensemble. Toute la série est entièrement disponible sur le site de la Radio télévision suisse, et c’est chaudement recommandé de l’écouter entièrement :
http://www.rts.ch/la-1ere/dossiers/alain-bashung-de-l-aube-a-l-aube/

29 mai 2012 Non classé

Moog, Moog, Moog, depuis cette nuit, le doodle Google est consacré à l’ingénieur Robert Moog, l’inventeur-du-synthétiseur-et-l’un-des-pères-des-musiques-électroniques, description fourre-tout à laquelle on ajoute souvent doctement : « Sans lui, pas de Pink Floyd, de Kraftwerk ou de David Guetta. » Aujourd’hui, on peut donc jouer avec une reproduction d’un des fameux synthétiseurs, manipuler les filtres et les modulations (avec un guide d’utilisation) et même enregistrer ses propres compositions. Mais si vous ne savez absolument pas à quoi ressemble un synthétiseur, encore moins un Moog et que vous aimez pourtant les artistes pré-cités (auxquels on peut ajouter les Beatles post-Abbey road et une bonne partie des groupes de la fin des 60′s et de la première moitié des 70′s), Inventor of The Synthesizer Documentary ~ Moog : A Film, de Hans Fjellestad, est un documentaire relativement complet sur Robert Moog et ses inventions :

 

Moog représente, entre autres choses une contribution majeure à la synth-pop britannique, dont Synth Britannia de la BBC retrace une grande partie de l’histoire :

L’influence de Moog dans les productions musicales est relativement bien décrit dans un splendide et très complet documentaire radio de la BBC en plusieurs parties. The Great Bleep Forward est consacré à l’histoire des musiques électroniques et s’intéresse à l’émergence de certains instruments devenus décisifs : les premiers modèles de synthétiseurs Moog utilisés entre autres par les Beatles ou Wendy Carlos sont évidemment évoqués ; la Brigade neurale en fait un détail enrichi, à écouter pour vous mettre en appétit.

Enfin, s’intéressant aux instruments cultes de la musique électronique, The Shape of things that hum évoque notamment l’un des plus populaires, le Mini Moog, forcément.

Publié il y a 3526 jours En lire davantage à propos de

La mort de MCA, des Beastie Boys, a provoqué une avalanche d’hommages, de billets, d’articles et de souvenirs. La radio londonienne XFM a rediffusé à cette occasion un documentaire consacré à Licensed to Ill. Intéressant quand on (re)découvre ce qu’a représenté ce disque à l’époque (succès gigantesque d’un album de hip-hop en 1986 mais pris comme une bonne blague par les Beastie Boys), et encore maintenant (Sabotage rend encore fou tout le monde sur un dancefloor improvisé). Le documentaire revient sur le lien avec Slayer, l’impact de cet album « pop de hip-hop », les réactions offusquées face à la provocation délibérée et moqueuse des garçons, et comment, ainsi, les Beastie sont devenus l’un des plus grands groupes du monde occidental.

8 mai 2012 Non classé