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Publié il y a 1620 jours En lire davantage à propos de

Les Têtes de lecture furent une rubrique à parution irrégulière de la Blogothèque, consacrée aux longs articles, aux dossiers et plus globalement à ce qui relevait davantage de l’écrit que des vidéos et des mp3. La Blogothèque n’en faisant plus l’usage depuis bientôt deux ans, j’en reprends le principe.

Punk’s not dead

Le Guardian tape dans le cadavre du punk pour savoir s’il bouge encore. Apparemment, celui-ci répond encore un peu, puisque ce n’est pas seulement une musique, c’est aussi une attitude, ce que décrit assez bien cet article qui évite les clichés éculés.
[ No future? Punk is still the sound of youth rebellion the world over ]

Et pendant ce temps-là, à Paris, l’histoire du punk en France radotait pour la énième fois lors d’une conférence (dans laquelle on s’écharpe essentiellement pour savoir qui est le plus légitime pour en parler et si être punk et avoir les cheveux longs est incompatible). Si celle-ci est moyennement intéressante, le coorganisateur l’est beaucoup plus : la revue Volume (« La revue des musiques populaires ») a une grande partie de ses archives accessibles en ligne, avec entre autres deux numéros consacrés aux reprises, une large étude entre rock et cinéma ou un numéro à propos de la presse alternative.
[ Revue Volume ]

Pour terminer sur le sujet du punk et aller au-delà des propos parfois lénifiants de la conférence, procurez-vous Girl Power – The Nineties revolution in music de Marisa Meltzer, un court mais clair descriptif de l’émergence du punk-rock riot grrrl.
Girl Power - The Nineties revolution in music ]

Hérédité musicale

D’ailleurs, si vous aviez un père qui écoutait du punk, vous laisserait-il écouter et avoir les cheveux longs ? Et qu’écouteriez-vous alors ?

How your dad’s music influences your taste

 

 

Paroles de spécialiste

Sean Adams, fondateur de Drowned in sound, partage régulièrement quelques réflexions intéressantes au sujet du business de la musique à l’aune de son expérience. Ses interventions assez pertinentes à ce sujet lui valent d’être régulièrement sollicité pour en parler. Ne pouvant contenter tous les étudiants et thésards souhaitant l’interroger, il a regroupé questions et réponses dans un article. Il évoque notamment avec recul et parfois un second degré assez réjouissant le « second album syndrome », la dilution de la musique ou encore, pour ceux que ça intéresse, l’intérêt d’une « critique » musicale.

If you agree with the idea that “cool” has changed from ‘what’s being talked about’ to ‘what no one’s ever heard of’… How do you feel this plays out for already established artists ?

I think this idea is right at the heart of “second album syndrome” – whereby a new band is no longer shiny and new if they’ve been around a while. The ever more established an artist becomes, the harder it is for them to get much coverage, unless they previously sold millions or have some radical shift in style or come up with some gimmick for which the media can hang a feature around. I’ve always been tempted to do a study of the percentage of media coverage and airtime given over to acts who haven’t released an album, and looking at the percent who then go on to release a second or third album, which sells a notable number of copies (like, over 1000), and to compare that with the number of acts who sell 10k-50k albums, and how little coverage and support they get from the media.

You, Me, Technology, Music Discovery, The Future of Criticism and Everyone We Know ]

Une des questions cite en partie un article hilarant publié début avril à propos du snobisme d’antan devenu coolitude du partage. Garder une belle découverte pour soi ? Allons, allons, c’est surfait, c’est dépassé, c’est tellement XXe siècle comme comportement !

Two months ago, Lily sent me a YouTube link to the song “212,” by the Harlem-born rapper Azealia Banks. Along with the song — which, fair warning, is quite profane — Lily mentioned that everyone seemed to be posting “212” on Facebook. So I listened — and several bars in, an intern popped into my office to announce that she loved the song and, not to brag or anything, she had been an early adopter: viewer No. 225,000.

Once I got over the embarrassment of being viewer No. 3,000,000, I realized something: the song was really good. Just as good as it had been 2,999,999 viewers ago.

In other words, there is no longer any honor in musical obscurity.

[ Why the Old-School Music Snob Is the Least Cool Kid on Twitter ]

Cet article fait lui-même référence à un autre, conséquent et très complet, sur Pitchfork – son émergence, son influence et en quoi il a fait bouger les lignes (pour le meilleur et le moins bon). Même si cet article n’est autre que du media on media, c’est passionnant, rien que pour l’anecdote d’introduction très révélatrice.
[ 5.4 / Pitchfork, 1995–present ]

 

 

Dust and grooves and nouveau look

Le splendide Dust & grooves a refait son site (j’en parlais ici il y a trois ans). Ses longues interviews de collectionneurs compulsifs de vinyles sont toujours là, accompagnées de photos superbes et de mixes réalisés par les intéressés.
[ Dust & Grooves ]

 

 

Musique de collège

Quelle école peut s’enorgueillir d’avoir vu passer Keith Jarret, Branford Marsalis, Jacky Terrasson dans ses murs ? Certes, l’addition ne donne pas toujours un résultat digne de la somme de ses parties mais le Berklee College of Music aux États-Unis est un lieu d’excellence. Une école de musique où « la norme est transmise à la seule fin d’être dépassée » selon les mots de de son directeur.

On intègre Berklee après audition, parce que l’on est doué. Ce qui ne signifie pas nécessairement que l’on sache lire la musique. « Ni improviser », ajoute Roger Brown, en référence aux musiciens de formation classique. « Quand le bassiste Marcus Miller est venu passer l’audition, il avait 18 ans, on lui a demandé immédiatement : vous voulez être élève ou professeur ? », se rappelle Krishna Levy, le compositeur français de musique de films (Huit femmes, de François Ozon, Je l’aimais, de Zabou Breitman, Loup, de Nicolas Vanier…) qui y étudia en 1986 et 1987, en même temps que le chanteur Arthur H.

Ironie, je voulais vous faire partager cet article paru dans Le Monde fin avril. L’original est payant, sa traduction sur le site du Guardian est librement accessible. Choisis ta langue, camarade.
[ La meilleure note ]
[ How Berklee College became a mecca for modern music ]

 

 

Oups, on a pilonné votre collection

Quand un article commence par ces mots :

‘But you can guarantee that my belongings will be delivered? » I asked, quivering – and I can still feel the nausea that came over me, even before the man at Yellow Moves of Hammersmith said: « No, I can’t … I’m afraid your things have been destroyed by United Airlines. »

This was January last year, six days after the shootings in Tucson, Arizona, and my « things », which had been heading for Tucson, included some 3,000 books and 1,600 vinyl LP records.

vous pouvez sans peine regarder votre collection, si réduite soit-elle et imaginer le déchirement vécu. Ce que raconte cet article, ce n’est pas la simple perte comptable, mais tout ce que représente ces vinyles, ces objets parfois plus lourds d’histoire que leur 180g.
I lost my life's collection of vinyl records but I'm well on the road to recovery now ]

 

 

Un Monde sans sons

Pour finir, il sera moins question de lecture que d’écoute. Un Monde de sons, le blog du Monde consacré à la radio, aux podcasts et à l’audio en général a fermé. C’est bien dommage, tant les sites sont relativement rares à ce sujet. Une dernière sélection a été faite dans les archives et c’est très chouette à découvrir.
[ Un Monde de sons ]

 

EDIT : j’avais oublié dans ma liste cette longue interview du duo Arlt, sur la Blogothèque. Mea culpa. Que de belles choses dites dedans. Plongez-y.
Feu la Figure. De la joie, de l’effroi et du tremblement. ]

Publié il y a 1782 jours En lire davantage à propos de