Furtif

Audioblog nonchalant

Ce fut sans fleur ni couronnes. Dans ma boîte mail est tombée cette semaine un mail d’un garçon du nom de Marc Pinansky. Il vient de mettre un terme à l’aventure Runner and the Thermodynamics. Les Runners, c’est une nuit de janvier à New-York. Il y faisait froid, très froid. Glacial. Pas de quoi folâtrer dans les rues pétrifiées de glace, mais je voulais absolument voir le Sin-é. Avec Mathieu, on l’a retrouvé au fond d’une rue sans âme, loin des murs blancs, des tables en bois et de St-Marc’s Place d’origine. Le Sin-é, c’est désormais et uniquement une salle de concert.

De la soirée, je me souviens en vrac avoir discuté avec le videur canadien francophone, du flyer Vicious de la soirée fourré négligemment dans la poche, de quelques bières vidées, d’un jeune photographe mitraillant tous les groupes et deux coups de batterie de Roger Knight, deux coups portés par un riff de guitare qui ouvre So Sorry. Une vraie déflagration dans la salle ; c’est bête comme chou un groupe de rock mais quand ça fonctionne…

Le très rétro Pinansky, le batteur Knight – d’une virtuosité et d’une explosivité rares – et une ligne de basse d’Oor emballaient un rock garage puissant. Des amplis crachaient bien plus d’électricité que n’en déploient parfois dix musiciens sur scène. Trois gars de Boston entrés sans prévenir à la faveur d’une soirée.
Et ce batteur, surtout ce batteur.

Du Sin-é, je suis reparti avec leur album et je l’ai écouté en boucle. En France, les amateurs se sont limités à deux personnes : Guillaume Gwardeath, le tenancier de feu Extrajazz qui avait chroniqué l’album à sa sortie, et moi-même. Et c’est bien dommage.

De leur newsletter, impossible de savoir ce qui a fait plongé les Runners.

Désormais leur site internet ressemble à la fin de vie boursouflée de vieilles gloires : disgracieux, décorum erratique et de mauvais goût. On y retrouve tout de même une tentative d’opéra-rock d’où quelques titres viendront alimenter leur unique album. Qu’il ne tient maintenant qu’à vous d’écouter, et pourquoi pas d’apprécier. Sur scène, ça ressemblait à cela.

Le photographe qui mitraillait ce fameux soir de janvier, je l’ai appris plus tard, n’était autre que Jasper Coolidge (Jenyk), ce fou furieux des soirées new-yorkaises. Des Runners, il en dit juste “a truly remarkable band with more explosive energy than a nuclear power plant ” et de leur batteur, “BY FAR the sickest drummer I’ve ever seen live “. Venant de lui, ça vaut beaucoup.

Au moins, après ça, vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas.

Publié il y a 4065 jours

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Un commentaire

  1. [...] au milieu de l’année 2006, le trio splitta sans avoir publié de deuxième album. « Je pense que notre mélange de rock indie et de rock classique fut à la fois une [...]

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