Furtif

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La mort de MCA, des Beastie Boys, a provoqué une avalanche d’hommages, de billets, d’articles et de souvenirs. La radio londonienne XFM a rediffusé à cette occasion un documentaire consacré à Licensed to Ill. Intéressant quand on (re)découvre ce qu’a représenté ce disque à l’époque (succès gigantesque d’un album de hip-hop en 1986 mais pris comme une bonne blague par les Beastie Boys), et encore maintenant (Sabotage rend encore fou tout le monde sur un dancefloor improvisé). Le documentaire revient sur le lien avec Slayer, l’impact de cet album « pop de hip-hop », les réactions offusquées face à la provocation délibérée et moqueuse des garçons, et comment, ainsi, les Beastie sont devenus l’un des plus grands groupes du monde occidental.

Tinariwen, c’est beau, c’est aussi exil, musique et politique. Interception a passé une semaine avec le groupe, au moment où le Mali connu de forts tourments politiques, et où les groupes indépendantistes touaregs s’emparaient de Tombouctou.

En 1973, un groupe belge publie un 45 T où on peut écouter sur la face A une pochade grinçante. Il y est question d’un homme avec un accent prononcé vantant les mérites d’une institution qui, semble-t-il, lui apporte toute satisfaction en échange d’un investissement personnel minimal : « Alors, mon garçon, on est prêt à reprendre le travail ?
Ma peut être bien que oui, ma peut être bien que non, docteur. Yé souffre. Yé souis payé, yé m’casse pas la nénette. Dans mon pays, il n’en est pas question. Ce n’est pas que yé souis un malhonnête. Ma yé profite de la situation »

L’accent est italien et la chansons pleine de clichés sur les immigrés. Un humour de chansonnier qui vaudra à Tribal Mustachol – trio où l’on retrouve l’un des futurs pères de la Danse des canards – et La Moutouelle une petite mise à l’écart. Quatre décennies après, les lieux communs développés dans le morceau semblent encore fort appréciés et familiers dans le discours. Et sans « humour ».

Même si ces derniers jours, selon les gazettes bien informées, les masses populaires grondent d’un ressentiment éclairé, d’un bon sens légitime, qu’elles appellent modestement à pendre le corps du dernier chômeur assisté avec les tripes du dernier étranger profiteur avant que les chars marxistes, les mangeurs d’enfants et le parti de l’étranger n’amènent le désastre dans le pays ; même si, donc, la moutouelle semble être encore ancrée dans les discours, la culture populaire raconte une bien autre histoire, assez loin des clichés encore repris, et avec quelle vigueur, dans les propos politiques et les témoignages ces derniers jours. Les mains noires sont avant tout celles d’une immigration économique nécessaire qui ne dit plus son nom. Les mains noires de boulots parfois très ingrats.

Le thème est récurrent dans la musique tout au long d’un demi-siècle, empruntant au fur et à mesure le médium le plus populaire : Aznavour (1958), Bebey (1970), La Rumeur (2002) ou Fakoly (2004, sur le même air qu’An Englishman in New York de Sting). La chanson maghrébine elle aussi s’est évidemment nourrie de ce thème : Passeport Lakhdar en est l’une des plus emblématiques, notamment enregistrée en 1965 par Cheikh Yousni, qui connut un grand succès avec ce morceau et dont l’œuvre fut largement irriguée par l’esprit de l’immigration. On déchiffre la difficulté de faire sa place, on percute sur les humiliations, la défiance, on cogne à l’ingratitude, « le travail à tour de bras », les boulots dangereux et mal considérés et « une valise dans un coin qui hurle au destin qu’elle n’est pas venue en vain ». Étrange manière de louer l’assistanat, n’est-ce pas.

Ces mains noires, ont été successivement belges, suisses, allemandes, polonaises, italiennes, portugaises, algérienne, marocaines, maliennes. Et quand il s’agit de penser aux sous, puisque ce sont les sous l’important Madame, vous le savez en tant que mère de famille qui se doit de boucler les fins de mois, les sous sans quoi rien ne tournerait rond et il faut y faire attention, les sous sont saufs. Je répète : les sous sont saufs, la thune est safe, le pèze est à l’abri.

L’immigration de travail est non seulement un chiffon rouge agité frénétiquement, mais un chiffon rouge totalement inutile. C’est une peur qu’on agite sans raison. Oui, certes, la peur est là, on a tous peur de quelque chose. Pas forcément des métis, des immigrés, des nègres, des bougnoules, des youpins ou des Norvégiennes ménopausées. Mais quand la peur est là, on l’explique, on la dégonfle, on la dédramatise. A un enfant tremblant d’une crainte irrationnelle du monstre sous le lit, quel père répondrait à une peur qui, somme toute, demande une explication franche : « Écoute mon petit, tu dois dormir, le monstre sous le lit existe vraiment et il y restera. Tiens, prends cette batte à la place de ton doudou. » Il y a un travail considérable d’explication à faire sur le monstre finalement gentil de sous le lit et le vivre ensemble.
Comme le notait un tenancier de tabac-presse en Alsace, en 2002 : « C’est pas des salopards les gens [ayant voté à l'extrême-droite], ce sont des gens sensibles et c’est justement cette sensibilité qui les amène à penser qu’il y aurait une injustice à leur égard. Il y croient et ils pensent que l’étranger est là pour leur nuire ou qu’il y a des avantages qu’obtiennent les étrangers que n’ont pas les Alsaciens. L’Alsacien est travailleur, l’immigré il vient pour les allocations familiales. Ce qui dans le fond n’est pas du tout juste. Comme je travaille ici, je me rends compte tous les jours que les gens qui viennent, ce sont des Turcs. Le matin très tôt quand j’ouvre à 6 heures, ce sont souvent eux les premiers clients, qui viennent en tenue de travail tout ça et qui entament leur journée, qui ont une vie plutôt rude par rapport aux Alsaciens. »

Ce que racontent ces morceaux de l’immigration du travail, c’est que les difficultés ont – étonnamment ? – été les mêmes durant cinq décennies. Les supposés cadeaux n’existent pas. J’entends même dans Ecoute -moi camarade, cette chanson-phare de l’émigration algérienne des années 60, reprise par Rachid Taha quarante ans plus tard, aussi bien une complainte amoureuse qu’une chanson sur l’amour déçu des immigrés venus en France.

En aucun cas, les mains noires – puisque l’Étranger en France est essentiellement là pour des raisons économiques – ne devraient être le centre d’un amalgame, puisque de toute façon, elles ne sont pas un problème pour la France. L’expliquer calmement ? Pas le temps, pas l’envie, pas les mots, pas le courage, pas la patience et puis personne n’y comprendrait rien, n’est-ce pas ? Pourtant vous êtes-vous jamais demandé qui contribuait de manière significative aux retraites, par hasard ?

Publié il y a 1848 jours En lire davantage à propos de

Ici, bientôt, mes modestes archives, des playlists à thème, des audioblogs, des captations de son, des enthousiasmes musicaux, des nouveautés déjà dépassées, des groupes à guitares, des chants chorale, de l’anecdotique, assez peu d’humour, du pontifiant, de l’irrégularité faite maison, de l’amateurisme , du futile (énormément), des chansons pour faire danser les filles, des filles pour faire danser les chansons, un mp3-blog à l’ancienne en somme.

Publié il y a 1849 jours

Tous les enregistrement d’Alan Lomax, collecteur et archiviste des musiques populaires occidentales du XXe siècle, ont été mis en ligne. Lomax recueillit à partir des années 30 et durant soixante ans, d’abord aux États-Unis puis en Europe, ce qu’on peut appeler au sens large le folklore musical. Il a ainsi amassé et classé une somme inégalée d’enregistrements : folk, blues, bluegrass, calypso, gospel, etc. L’ensemble, déposé à la Bibliothèque du Congrès américain, est est considérable. Heureusement, un guide est disponible pour s’y retrouver.

Au même moment, Valli y consacrait « Pop etc. » sur France Inter, une heure passionnante sur l’ethno-musicologie de cette époque. [mp3]

Pour vous familiariser avec l’histoire des Lomax père et fils, une bonne bande dessinée est sortie l’année dernière :
http://www.mondomix.com/actualite/1388/frantz-duchazeau-lomax-bulles-de-blues.htm

Publié il y a 1876 jours

Comment se passe une Soirée de poche, comment fait-on rentrer soixante personnes dans un appartement pour assister à un concert dans le salon, qui sont tous ces gens d’ailleurs. Et vous, que faites-vous là ?

Les Nuits des demoiselles ne seront désormais plus les mêmes. Colette Renard n’est maintenant plus là pour susurrer aux oreilles des jeunes femmes qu’il est bon d’avoir quelqu’un pour se faire choyer le cœur fendu. Le plaisir redevient solitaire. Un Mercredix onaniste en conséquence.

1 – «Madame rêve» d’Alain Bashung

Sur Osez Joséphine, un tapis de violons de grande classe sert l’un des morceaux les mieux écrits (c’est tout dire) de la longue discographie d’Alain Bashung. Après une décennie essentiellement parsemées d’albums expérimentaux (Pizza, Play Blessures, Figure imposée, Passé le Rio Grande, Novice), Bashung arrive à l’orée des nineties avec un album qui renoue avec ses premiers amours de rock. Étonnamment, les paroles ne sont pas l’œuvre des compagnons de route de longue date de Bashung, que sont Boris Bergman et Jean Fauque, mais signées de Pierre Grillet, collaborateur de Dani ou Chamfort, entre autres.

2 – «Variations sur Marilou» de Serge Gainsbourg

Sans aucun doute le plus lascif de tous les morceaux. Un monument d’abandon sur L’Homme à tête de chou (1976), éclairé de paroles délicieusement explicites. Ma préférée d’entre toutes, avec sa rythmique entraînante en contrepoint du ton détaché de Serge. Après L’Histoire de Melody Nelson sorti cinq années auparavant, il s’agit du deuxième album où Gainsbourg narre les déboires amoureux — poétiques et pessimistes — d’un homme auprès d’une jeune fille.

3 – «Hello Kitten» d’Hefner

Parce qu’il n’y a pas besoin d’être deux pour se faire plaisir. Le souvenir suffit. Ce n’est pas le sexe qui me manque chérie, c’est la peau contre la peau. «I’m gonna make myself go blind tonight.» répété à l’envi.

4 – «Blister in the sun» des Violent Femmes

Sec comme une trique, décharné et direct comme un boogie, cette chanson de Gordon Gano et son groupe font écho, dans des paroles à double sens, au trouble sous la couette. C’était en 1982, et comme Hefner, c’était sur le premier album du groupe. La branlette, une préoccupation des premiers instants, assurément. Depuis, rien n’a changé quand les mecs pensent à elle.

5 – «Prayings Hands» de Devo

- «Bonjour, je souhaiterais un manuel de masturbation.
- Bien sûr mademoiselle, attendez, je vais voir ce qu’on a… Alors… hum… voyons voir. Ah, il y a bien le Manuel de civilités pour les petites filles.
- Je préférerais quelque chose de moins fastidieux.
- Oh, hé bien, je vais vous mettre “Praying hands”, de Devo, ça fera largement l’affaire, c’est simple et rudement bien expliqué. Vous m’en direz des nouvelles.»

6 – «Teenage kicks» des Undertones

Single favori de John Peel, puissante, clap nerveux d’à peine deux minutes et demie, «Teenage dreams, so hard to beat…», «Teenage kicks», c’est aussi — et on l’oublie trop souvent — une chanson de jeunesse masturbatoire et de fantasmes adolescents. Et rien que pour la réécouter encore et encore, sans retenue, elle vaut sa place dans cette liste.

7 – «Orgasm addict» des Buzzcocks

1977, même urgence musicale, même description amusée des petites morts solitaires, et puis ta mère se demande toujours ce que sont ces tâches sur ton jean. Addict, va !

8 – «Touch I’m sick» de Mudhoney (Sonic Youth cover)

D’aucuns disent que c’est là que tout a commencé, dans cet EP d’août 1988, que la saturation des guitares annonçait la tempête à venir. D’aucuns affirment que le grunge a pris sa forme dans ce deux-titres balancé dans Seattle trois mois après la formation de Mudhoney. Six mois plus tard, un split réunissait Sonic Youth et Mudhoney.

9 – «Prayer for a wanker» de Noir Désir

Plus jeune, je n’ai pas tout compris de suite à ce formidable album qu’était 666.667 Club, avec toutes ses clés de lecture et ses multiples entrées. Mais il y avait quelque chose d’une complainte sauvage dans ce morceau, que j’écoutais méthodiquement après «Comme elle vient». «Prière pour un branleur», tu m’étonnes que ça soit explicite.

10 – «Je m’aime» d’Odeurs

Odeurs, c’est Ramon Pinpin. Ramon Pinpin, c’est la parodie franchouillarde. Et les groupes indés de mecs névrosés par leur frustration, ça va un moment, après tout.

La liste pourrait s’allonger longuement, faire le double ou le triple de celle-ci, prendre en compte quelques-unes de notoriété publique qui évoque la chose (Prince et sa Nikki qui joue avec un magazine, Divinyls, etc.). Mais la frustration fait aussi partie du jeu. N’est-ce pas ?
Enfin, parlons masturbation sans honte ni faux-semblant sur Arte radio.

Publié il y a 2399 jours En lire davantage à propos de

«Putain putain, c’est vachement bien, nous sommes quand même tous des Européens» : l’évidence même pour envisager ce Mercredix. En 1983, l’Europe joue à dix, l’Espagne et le Portugal ne font pas encore partie de ce qu’on appelle encore la CEE ; et Arno, période TC Matic, scande son enthousiasme pour l’Europe en construction. Et pourtant, qu’il est ardu de recenser de vrais titres consacrés à l’Europe, et non pas seulement à des pays, des villes ou des hymnes continentaux.

Plus globalement, l’Europe se prête davantage à des pamphlets (souvent nationalistes) de chansonniers et des railleries qu’à des déclarations d’amour comme a pu réaliser le TC Matic. Et quand elles existent malgré tout, elles sont souvent le fait d’institutions ou de formations maladroites, plongées dans un grand bain de ridicule.

1 – « Te Deum » de Marc-Antoine Charpentier
2 – « Putain Putain » du TC Matic
En 1983, donc, Arno, pas encore chanteur solo, gueule avec son groupe de new wave robotique son amour de l’Europe, qui deviendra l’un des plus grands succès du groupe. En prélude de cette version live, on reconnaît l’ouverture du « Te Deum » de Marc-Antoine Charpentier, orchestrale introduction baroque, surtout connue comme indicatif du concours international de l’Eurovision.

3 – « Vous êtes lents » d’Alain Souchon

Sortie deux ans à peine après « Putain Putain », « Vous êtes lents » pourrait être son pendant musical posé. En écoutant ces deux titres, il est évident qu’au début des années 1980, l’Europe semble encore porter un espoir et une attente politique forte. Coécrite par Souchon et Louis Chédid, cette chanson est l’une des rares à appeler l’Europe de ses voeux, fustigeant les conservatismes.

4 – « Showroom Dummies » de Kraftwerk (Cha cha cha version par Señor Coconut)

Quelques années auparavant, Kraftwerk inoculaient déjà une part de symbolisme européen, sur Trans-Europe Express , du nom des trains qui effectuaient des liaisons continentales à l’époque. A croire aussi que le train et l’Europe inspire pas mal (Divine Comedy et son instrumental «Europe by train»).

5 – « La Chanson de l’Europe » écrite par Jean Jeepy

Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, l’humanisme de ces années de lente réconciliation transpire dans les chansons populaires, nappé du charme suranné d’un pacifisme sincère.

6 – « Göttingen » de Barbara

Ciment de la CECA – ce qu’on appelle désormais mécaniquement le couple franco-allemand -, la réconciliation entre la France et l’Allemagne a été mise en musique par Barbara en 1965. Marquée par la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle elle a été obligée de se cacher, la chanteuse a composé l’une de ses plus belles chansons, dont quelques mots ont même été repris lors de la commémoration du traité d’amitié franco-allemand, en 2003.

7 – « A Song for Europe » de Roxy Music

Seule exception de ce Mercredix, ce titre de Brian Ferry ne comporte aucune dimension politique européenne. Mais c’est une superbe chanson mélancolique et désabusée sur la gloire passée.

8 – « Wind of Change » des Scorpions

Mais comment vouliez-vous qu’on fasse l’impasse sur l’un des sifflements les plus pénibles des trente dernières années ? Bien au-delà de son côté slow sirupeux de fin de soirée, « Wind of Change » fut l’une des chansons les plus populaires sur le crépuscule de la Guerre froide et la césure de 1989, au point que le groupe fut invité par Michael Gorbatchev, quelques années avant l’ouverture de l’Union européenne vers l’Est.

9 – « Fortress Europe » d’Asian Dub Foundation

Plus d’une décennie après la chute du Mur, beaucoup d’idéaux ont disparu. Trois ans après le sommet de l’OMC à Seattle, un an après celui du G8 à Gênes, l’Europe apparaît désormais comme une forteresse rejetant au-delà de ses hauts murs les impétrants qui souhaiteraient venir s’y installer pour chercher une vie meilleure. Asian Dub Foundation, pur produit du melting pot londonien, politiquement engagé, inclut dans Enemy of the enemy ce titre violent.

10 – « Europa25″ de Scanner

Un morceau composé en 2004 par Scanner, peu avant le passage de l’Europe des 15 à celle des 25. Une courte ode électronique aux hymnes nationaux.

Publié il y a 2462 jours En lire davantage à propos de

Samedi, ce fut fête, ce fut sueur, ce fut déhanchement, ce fut bras en l’air, ce fut « ouhouuuuuuuuu ». Les jambes étaient lestes, l’énergie plus présente qu’à l’accoutumée et un éternel sourire rendu à tous les gens croisés. Je me suis retrouve dans la salle parisienne de la Flèche d’Or, presque par hasard, avec l’entrée libre, le son très dansant et l’ambiance décontractée : sur la scène, les tenants du label Kitsuné venus faire les pousse-disques. Et pour la première fois depuis des années, je suis ressorti de là en répétant « Cette soirée était mortelle, cette soirée était mortelle » (« mortel », c’est le genre de terme que j’utilisais dans l’enthousiasme de mes 17 ans, mais rarement depuis).

Le prolongement de cette soirée et de cet enthousiasme, c’est leur Compilation Maison 3. J’en avais glâné quelques titres dans les dernières semaines, et notamment un remix puissant des Gossip.

Sur disque comme sur scène, le son conserve ce coté frais et joyeux, dansant sans être pédant ni m’as-tu-vu, loin des parades évoquées par Pierre ici-même. Samedi, ce fut une rencontre avec une manière de voir la musique, de la rendre accessible et de la faire aimer.

Les Compilations Maison provoquent les découvertes (des groupes chéris dans ces colonnes, Au revoir Simone ou Architecture in Helsinki, étaient présents sur le premier volume) et sont une formidable manière d’entrer dans un catalogue riche et de qualité.

Samedi, les gens dansaient sur la scène, levaient les bras bien hauts et accueillaient les découvertes avec une curiosité naturelle. Ce qui est sans doute le plus fort dans la compilation, c’est la manière de lier un remix d’un groupe en pleine bourre (les Klaxons) à de la pop séduisante et enjouée (The Lovely Feathers) mais sans artifice. Le troisième volume mène de front les mises en avant et le plaisir d’écoute, le genre de choses à pouvoir danser toute une nuit, et à reprendre en sautillant au petit matin. Kitsuné, c’est de la balle, c’est mortel, quoi.

Publié il y a 3807 jours