Furtif

Audioblog nonchalant

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Publié il y a 3543 jours En lire davantage à propos de

Tinariwen, c’est beau, c’est aussi exil, musique et politique. Interception a passé une semaine avec le groupe, au moment où le Mali connu de forts tourments politiques, et où les groupes indépendantistes touaregs s’emparaient de Tombouctou.

2 mai 2012 Non classé

Ici, bientôt, mes modestes archives, des playlists à thème, des audioblogs, des captations de son, des enthousiasmes musicaux, des nouveautés déjà dépassées, des groupes à guitares, des chants chorale, de l’anecdotique, assez peu d’humour, du pontifiant, de l’irrégularité faite maison, de l’amateurisme , du futile (énormément), des chansons pour faire danser les filles, des filles pour faire danser les chansons, un mp3-blog à l’ancienne en somme.

Publié il y a 3549 jours

Tous les enregistrement d’Alan Lomax, collecteur et archiviste des musiques populaires occidentales du XXe siècle, ont été mis en ligne. Lomax recueillit à partir des années 30 et durant soixante ans, d’abord aux États-Unis puis en Europe, ce qu’on peut appeler au sens large le folklore musical. Il a ainsi amassé et classé une somme inégalée d’enregistrements : folk, blues, bluegrass, calypso, gospel, etc. L’ensemble, déposé à la Bibliothèque du Congrès américain, est est considérable. Heureusement, un guide est disponible pour s’y retrouver.

Au même moment, Valli y consacrait « Pop etc. » sur France Inter, une heure passionnante sur l’ethno-musicologie de cette époque. [mp3]

Pour vous familiariser avec l’histoire des Lomax père et fils, une bonne bande dessinée est sortie l’année dernière :
http://www.mondomix.com/actualite/1388/frantz-duchazeau-lomax-bulles-de-blues.htm

Publié il y a 3576 jours

Samedi, ce fut fête, ce fut sueur, ce fut déhanchement, ce fut bras en l’air, ce fut « ouhouuuuuuuuu ». Les jambes étaient lestes, l’énergie plus présente qu’à l’accoutumée et un éternel sourire rendu à tous les gens croisés. Je me suis retrouve dans la salle parisienne de la Flèche d’Or, presque par hasard, avec l’entrée libre, le son très dansant et l’ambiance décontractée : sur la scène, les tenants du label Kitsuné venus faire les pousse-disques. Et pour la première fois depuis des années, je suis ressorti de là en répétant « Cette soirée était mortelle, cette soirée était mortelle » (« mortel », c’est le genre de terme que j’utilisais dans l’enthousiasme de mes 17 ans, mais rarement depuis).

Le prolongement de cette soirée et de cet enthousiasme, c’est leur Compilation Maison 3. J’en avais glâné quelques titres dans les dernières semaines, et notamment un remix puissant des Gossip.

Sur disque comme sur scène, le son conserve ce coté frais et joyeux, dansant sans être pédant ni m’as-tu-vu, loin des parades évoquées par Pierre ici-même. Samedi, ce fut une rencontre avec une manière de voir la musique, de la rendre accessible et de la faire aimer.

Les Compilations Maison provoquent les découvertes (des groupes chéris dans ces colonnes, Au revoir Simone ou Architecture in Helsinki, étaient présents sur le premier volume) et sont une formidable manière d’entrer dans un catalogue riche et de qualité.

Samedi, les gens dansaient sur la scène, levaient les bras bien hauts et accueillaient les découvertes avec une curiosité naturelle. Ce qui est sans doute le plus fort dans la compilation, c’est la manière de lier un remix d’un groupe en pleine bourre (les Klaxons) à de la pop séduisante et enjouée (The Lovely Feathers) mais sans artifice. Le troisième volume mène de front les mises en avant et le plaisir d’écoute, le genre de choses à pouvoir danser toute une nuit, et à reprendre en sautillant au petit matin. Kitsuné, c’est de la balle, c’est mortel, quoi.

Publié il y a 5507 jours

Il y a plusieurs raisons d’aimer un disque, évidemment : la qualité incontestable de la musique, le souvenir qu’il évoque – souvent doux et heureux -, les références auxquelles il fait appel, la manière et le propos qu’il dégage ou tout simplement un instant, un unique instant dans le disque qui fait qu’on le répète à l’envie, avant de découvrir que le reste vaut (aussi) le coup.

Heroes & Villains – Welcome Home

Heroes & Villains a créé la 79e seconde la plus enthousiasmante que j’ai entendue. Ils n’en ont pas fait beaucoup non plus des 79e secondes, n’ayant sorti qu’un EP, suivi cette année d’un album complet. Mais ce groupe de Portland a réalisé sur Color coded un emballement de piano qui donne envie de sautiller. A la 79e, le titre bascule, le piano-clavecin s’affole, et c’est cela qui est bon. Il en est de ces titres où les musiciens ont su capter le petit frisson qui fait aimer la transition, qui fait aimer la manière dont ils transforment la dimension d’une chanson. Comment vous dire ? On passe d’une balade un soupçon baroque (les Dresden Dolls, cela vous parle ?) avec choeur féminin emprunté à quelque chose ayant plus de corps, de rupture, de rythme, de joie. Comme lorsqu’on s’imagine, seul dans la rue, et d’un coup, on souhaiterait que tout le monde se mette à danser et chanter autour de vous, en souriant. Hé bien là, c’est la même chose. En moins grandiloquent tout de même.

Ce billet aurait tout à fait pu être celui d’une seule chanson, d’une 79e seconde et-après-moi-le-déluge. Mais Heroes & Villains a également réussi à placer sur un EP à cinq chansons quelque chose de différent, et notamment Welcome Home une balade très cow-boy, très guitare nonchalante, très sifflotement de trois hombres au saloon là-bas, tu les vois ?, très petite batterie de duel au soleil, très trompettes mélancoliques, très film de western propices aux chansons travaillées.

Le seul inconvénient, c’est maintenant d’attendre la fin de Welcome Home avant de remettre « la 79e de Heroes & Villains ».

Publié il y a 5521 jours En lire davantage à propos de

Nous pouvons être déçus, très déçus. Les Man Man ne sont pas venus jusqu’en France. Voilà deux ans et demi qu’une hypothétique tournée européenne du groupe me faisait espérer. Et malgré l’évocation d’un concert parisien samedi dernier, ils sont demeurés dans le nord de l’Europe. Pas de dodelinement frénétique et enthousiaste de la tête pour nous. Damned !

En Angleterre et aux Pays-Bas, les amateurs ont eu plus de chances. Le groupe a même donné une session filmée dont un titre est visible sur le site (format Real player), et 30 minutes sont en écoute. De quoi donner envie d’y être.

Man Man à AnversJ’étais pourtant prêt à les faire ces centaines de kilomètres pour les croiser à Anvers jeudi dernier, entendre le clavier Rhodes un peu bastringue, partager les « whaouh fuckkkk » enthousiastes de ceux qui les ont vus, chanter d’une voix éraillée « Lalala lalala lalalalalala », voir leurs têtes de simili-Bjorn Borg, bûcherons, indiens, et clones 70’s sur scène, partager ce Black Mission Goggles tout en rondeur. La fatigue m’en a empêché.

Ils ne reviendront pas avant un moment. Nous pouvons être déçus.

Publié il y a 5540 jours En lire davantage à propos de

La fête de la musique, c’est aller à la librairie Parallèles, à Paris, comme si de rien n’était et retrouver en face 150 personnes rue St-Honoré vers 18h agglutinées devant un sound system. Du mécheux, de la fashion victime, des lunettes de mouche et des polos rayés en nombre. C’est rester écouter un peu et voir arriver d’un coup David Guetta sur ce happening. 18h30, premier contact avec la Fête de la zique.

Dur.

C’est ensuite trouver sur son passage des musiciens serbes, une sorte de batucada asiatique et des corbacks à la fontaine des Innocents.

Dur.

Faire une pause apéro avec un ami, et s’apercevoir en sortant de la Cordonnerie qu’avec l’averse que nous n’avons pas vue, ça sent le sapin pour la soirée.

Voir un match, c’est mieux que d’entendre les cris de désespoir d’un groupe de lycéens qui a sans doute ramené toute la 1ere L de Paul-Bert pour les soutenir. Pause Mondial – pensée émue à Robin, Rom et Julie.

La fête de la zique, c’est s’apercevoir à la mi-temps que Pradoc vend sa PSP. Et là, on se dit que c’est révolution chez notre ami. Que tout est possible désormais.

C’est passer outre le crachin de la nuit et la mauvaise humeur de l’ami compagnon, et s’apercevoir qu’à l’Alim’ Générale, rien. Qu’autour… pas grand chose. Qu’en général, c’était tout sauf là.

Enfin, c’est s’apercevoir que l’amie brésilienne qui aurait pû m’emmener dans des soirées à la chaleur communicative s’en va rejoindre Morphée.

Dur.

Mais sinon, j’aime bien la fête de la musique.

Vraiment dur.

Publié il y a 5688 jours

Ce fut sans fleur ni couronnes. Dans ma boîte mail est tombée cette semaine un mail d’un garçon du nom de Marc Pinansky. Il vient de mettre un terme à l’aventure Runner and the Thermodynamics. Les Runners, c’est une nuit de janvier à New-York. Il y faisait froid, très froid. Glacial. Pas de quoi folâtrer dans les rues pétrifiées de glace, mais je voulais absolument voir le Sin-é. Avec Mathieu, on l’a retrouvé au fond d’une rue sans âme, loin des murs blancs, des tables en bois et de St-Marc’s Place d’origine. Le Sin-é, c’est désormais et uniquement une salle de concert.

De la soirée, je me souviens en vrac avoir discuté avec le videur canadien francophone, du flyer Vicious de la soirée fourré négligemment dans la poche, de quelques bières vidées, d’un jeune photographe mitraillant tous les groupes et deux coups de batterie de Roger Knight, deux coups portés par un riff de guitare qui ouvre So Sorry. Une vraie déflagration dans la salle ; c’est bête comme chou un groupe de rock mais quand ça fonctionne…

Le très rétro Pinansky, le batteur Knight – d’une virtuosité et d’une explosivité rares – et une ligne de basse d’Oor emballaient un rock garage puissant. Des amplis crachaient bien plus d’électricité que n’en déploient parfois dix musiciens sur scène. Trois gars de Boston entrés sans prévenir à la faveur d’une soirée.
Et ce batteur, surtout ce batteur.

Du Sin-é, je suis reparti avec leur album et je l’ai écouté en boucle. En France, les amateurs se sont limités à deux personnes : Guillaume Gwardeath, le tenancier de feu Extrajazz qui avait chroniqué l’album à sa sortie, et moi-même. Et c’est bien dommage.

De leur newsletter, impossible de savoir ce qui a fait plongé les Runners.

Désormais leur site internet ressemble à la fin de vie boursouflée de vieilles gloires : disgracieux, décorum erratique et de mauvais goût. On y retrouve tout de même une tentative d’opéra-rock d’où quelques titres viendront alimenter leur unique album. Qu’il ne tient maintenant qu’à vous d’écouter, et pourquoi pas d’apprécier. Sur scène, ça ressemblait à cela.

Le photographe qui mitraillait ce fameux soir de janvier, je l’ai appris plus tard, n’était autre que Jasper Coolidge (Jenyk), ce fou furieux des soirées new-yorkaises. Des Runners, il en dit juste “a truly remarkable band with more explosive energy than a nuclear power plant ” et de leur batteur, “BY FAR the sickest drummer I’ve ever seen live “. Venant de lui, ça vaut beaucoup.

Au moins, après ça, vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas.

Publié il y a 5764 jours

Vous connaissez les Monks ? Et vous êtes du genre à ne plus écouter de rock’n roll depuis que vous avez découverts les Master musicians of Jajouka ? Allez avouez, vous êtes snobs ! Ici, on n’ose pas trop se le dire, c’est comme ça. Et pourtant, les Strokes restent cantonnés à un groupe pour graphiste trentenaire. Depuis quarante ans, être snob dans la musique rock, c’est éviter la massification de la culture, c’est se détourner des rééditions qui rendent caduques le précieux achat original, et c’est surtout ré-évaluer constamment le degré de sous-appréciation de ses chéri(e)s par l’homme de la rue.

Dictionnaire des snobs du rockUne équation complexe qui demande un comportement tout en nuance et des termes choisis. Ce qui n’est pas chose aisée, comme l’expliquent les auteurs du Rock snob’s dictionnary.

Un ouvrage hilarant où le snobisme, mouvement qui est loin d’avoir diminué avec les années et qui a même pris une ampleur épidémique, est disséqué pour donner au malheureux néophyte une bouée de sauvetage. Mieux, un manuel de survie en soirée de snobs rock.

Si vraiment rien ne va, que les petits camarades d’un soir vous rabrouent sur vos choix de CD, qu’ils vous regardent de haut lorsque vous expliquez que pour vous Funeral est le meilleur disque de 2005 (2004, enfin, c’est 2004 !), glissez Eno, « le pionnier de la musique ambiant, la bande-son parfaite de tout ce qui va de l’aromathérapie au démarrage de Windows 95 », parlez de ces fameux Monks (ceux qui arboraient au milieu des 60’s un magnifique tonsure à la frère Tuck) et agrémentez vos discussions de ces fameux terme « jangle« , « -ica » et « Paisley underground« .

Avec ce lexique, c’est une partie du way of life rock’n roll qui touche le néophyte, comme la grâce touche le pénitent. Les notules du dictionnaire sont désopilantes et permettent d’aborder avec la morgue qu’il faut une discussion musicale. Vous savez, de celles qui observent soupçonneuses les musiques diffusées à plus de 499 exemplaires qui ont du succès. On vous le dit comme ça, le Rock snob’s dictionnary, c’est découvrir un continent d’artistes, de termes et de mouvements qu’il est alors jouissif d’évoquer. Mais n’oubliez jamais, une faute de goût et c’est toute crédibilité qui s’efface.

Faire bonne figure, c’est important. Un jour prochain il faudra sans doute ressortir de tête la liste de ces films qu’il faut absolument avoir vu (ex : Christiane F. : unwatchable German film about a teen smack addict – but cool Bowie concert sequence !) ou de ces personnes qu’il est absolument indispensable d’haïr (au hasard, Paul McCartney [...] for Wings, for recording with his wife but not in a cool Thurtson Moore – Kim Gordon way, for not being John Lennon). Mieux vaut être préparé.

On ne rigole pas des références jalousement distillées.

En attendant, je place ce dictionnaire à coté de High Fidelity, le livre « que chaque snob aurait voulu avoir écrit, mais dont il n’admettra jamais qu’il l’a lu ». Moi, il est juste là pour faire bien, hein…

Publié il y a 5799 jours En lire davantage à propos de