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Lors de mon premier voyage à New York il y a quasiment dix ans, j’avais découvert par hasard Runner and the Thermodynamics lors de ces concerts où quatre ou cinq groupes se succèdent sur scène, avec une quarantaine de minutes pour tout donner. Ils le firent, avec notamment un batteur fascinant. J’étais reparti de cette soirée avec leur CD, que j’ai longtemps écouté, longtemps aimé.
A l’époque, une effervescence renaissait dans les labels importants à propos du rock new-yorkais – The Strokes avaient publié leur premier album moins de trois ans auparavant, les White Stripes cartonnaient avec Elephant et les nouveaux groupes-en-The se comptaient par dizaines. Runner & TT attiraient les éloges depuis quelques mois quand je les ai vus, comme pouvaient le faire d’ailleurs deux bonnes douzaines d’autres formations à la même époque. Je me souviens de l’introduction dithyrambique (et méritée) d’un compte rendu de concert au CMJ Music Marathon de NYC : « Their drummer could be the next Keith Moon, and that’s not even the most exciting thing about Runner and The Thermodynamics. »

Mais au milieu de l’année 2006, le trio splitta sans avoir publié de deuxième album. Ça m’avait peiné. Quelques années après, Mike Oor, le bassiste à l’origine de la rupture, résuma cette période de cette façon : « Runner semblait prêt pour le succès. Beaucoup de personnes nous disaient que nous étions the greatest thing. Je savais que ça n’allait pas se passer ainsi quand, à la fin d’une tournée, nous avons joué à New York. Il y avait beaucoup de découvreurs de talents là-bas. Le gars qui a signé les Strokes et le gars qui a signé Alicia Keys sont venus nous voir. Mais ils ont vu Bravery juste avant notre concert… ils sont sortis après deux ou trois de nos chansons selon la rumeur. »

C’est en recherchant ce qu’était devenu Roger Knight, ce fameux batteur dingue, que j’ai découvert leur reformation en 2010, à l’occasion d’un concert et de la sortie d’un disque de « rarities, outtakes and demos », Love, Light and Lust. Ils ont publié deux titres depuis et rejouent régulièrement. Ce n’est pas de la reformation « impôts », ils ne seront jamais la prochaine valeur sûre pressentie aux débuts des années 2000, on ne les verra malheureusement jamais parcourir l’Europe en tournée. Mais vous ne me ferez jamais échanger dix jeunes loups new-yorkais contre la sueur, l’énergie et le rock’n roll brut des Runner. Jamais.

[ Love Light and Lust (2010) et l'EP 2012 sur Bandcamp ]

Publié il y a 1908 jours En lire davantage à propos de

Il y a cinq ans, lorsque Lindstrøm a sorti Where you go I go too, j’ai passé un nombre incalculable de nuits à l’écouter en boucle (deux ou trois fois suffisaient avec ces morceaux de dix à vingt minutes). Des montées planantes et dansantes qui habitaient mes veilles avec bonheur.
Les mixes de Rone égalent cet effet d’excitation progressive. J’en voudrais un chaque soir sur mon bureau, qui démarre lourdement, gorgé de basses, et s’allège peu à peu vers un final en ligne claire.

Et lors de cette soirée au Printemps de Bourges, le concert d’Aufgang avait tout l’air d’être remarquable.

Publié il y a 1909 jours En lire davantage à propos de

Publié il y a 1992 jours

Je pourrais passer des heures à me perdre dans les vidéos du New York City Ballet. Notamment lorsque la musique disparaît et qu’on distingue précisément le son des pas, des pointes et des sauts qui rythment les chorégraphies.
On ne soupçonne pas assez la délicatesse des danseuses classiques.

Publié il y a 2015 jours

Ce fut la première maison française de The National et The Walkmen, hébergeant également un temps The Wedding Present. Elle est toujours celle de Forest Fire, François & The Atlas Mountain ou de Flotation Toy Warning (enfin, quand ils se décideront à ressortir un album). Cette maison de qualité, c’est le label bordelais Talitres. Mais la respectabilité indé ne s’accompagne pas toujours de succès commerciaux délirants. Vente physique, streaming, diversifications des activités, PC INpact a radioscopé Talitres en profondeur afin de comprendre comment un label indépendant arrive à (sur)vivre.

EDIT 6/1 : il y a tout de même un lézard sur les chiffres annoncés : « En cumulé, distribution française et européenne, c’est de l’ordre de 2 500 albums physiques [vendus] à peu près. »

Prenons des disques tous vendus à 16 €, 2€ reviennent à Talitres.
Cela donnerait 2500 x 2€ = 5000 €/an.
Ces 5000€ = 54,4% des revenus totaux de Talitres.
Donc revenus totaux de Talitres = 10K€/an environ.
Même pour une unique personne salariée, ce n ‘est pas réaliste compte tenu des charges à ajouter ensuite…

EDIT n°2 :  Selon d’autres chiffres avancés à la fin de cet article, les ventes de disques annuelles du label seraient de 13000 unités. L’imprécision tiendrait peut-être au fait que les 2500 à 3000 disques évoqués dans l’article de PC INpact et dans Libération ne concernent qu’un seul artiste. On atteindrait ainsi des revenus de 48K€/an. Ce n’est pas encore très clair mais plus réaliste.

EDIT n°3 : Épilogue de ces questions comptables, Talitres précise : « c’est 2 500 ex phys / nouvelle sortie en Fce (+ vente Eu & Export + numérique), + back cat., etc. »

Publié il y a 2024 jours En lire davantage à propos de

Le générique d’une série télé, sa musique, son rôle, les évolutions, ses complexités : très intéressant sujet dans le Grand Bain sur France Inter, dimanche dernier, de John Barry aux compositions actuelles.
Où l’on apprend notamment que si Cold Case ne sort pas en DVD, c’est un effet pervers de son utilisation raffinée du patrimoine musical, qui implique d’inextricables problèmes de droits musicaux. Et où les génériques actuels, c’est de moins en moins de mélodie, de plus en plus de musique d’ambiance.

Il y a quelques mois, The Guardian s’était intéressé rapidement à la fine utilisation de la musique pour souligner certains passages d’Homeland ou de Treme, notamment :
[ http://www.guardian.co.uk/tv-and-radio/tvandradioblog/2012/apr/26/homeland-jazz-soundtrack-music ]

Et Télérama s’est penché sur l’art du générique de série télévisée, illustré de nombreux exemples :
[ http://www.telerama.fr/series-tv/series-tele-l-art-du-generique,85290.php ]

28 décembre 2012 Non classé

Ce texte est beau et cette voix délicate. En prime, Mathieu Boogaerts y assure doucement ce qu’il faut de peinture musicale, légère et discrète.
J’ai envie de me rouler en boule dans ce morceau de radio intime.

4 décembre 2012 Non classé

C’est très joli, le Prélude de la Suite n°1 pour violoncelle de Bach représenté mathématiquement et rythmiquement dans cette vidéo. Et c’est même interactif :
[ http://www.baroque.me/ ]
Pour en savoir plus sur la conception originale de l’outil et sa transcription depuis la partition :
[ http://blog.chenalexander.com/2011/baroque-bach-cello/ ]

Publié il y a 2057 jours