Furtif

Audioblog nonchalant

A lire, écouter
voir, picorer, partager

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En vrac, des playlists, des émissions de radio, des remixes et des découvertes. Pas grand-chose à écrire, beaucoup à écouter.

A base de pop pop pop (Montreal)

Pop Montreal, fameux festival canadien, a regroupé dans une longue playlist tous ses coups de cœur de l’année, avec une forte présence de groupes de la ville. Elle dure le temps d’oublier qu’on passe une playlist, justement, et revient se faufiler comme une radio de qualité. Elle est très bien.

Musique de Dieu, musique du diable

[tag #copinage]
Chaque semaine, Noisenews propose Mondo Bizarro, une playlist thématique. Dans les dernières semaines de 2012, la Mondo Bizarro m’a offert la Révélation avant de me précipiter chez Faust. Double face, à l’heure de l’office, avec les #30 et #32, deux faces, deux ambiances : musique des sauveurs d’âme, musique du Mal (on en fait beaucoup sur Satan, mais c’est surtout une réputation). Oh God, I call The Lord Noisenews and The Lord save me. Here am I, the servant of Him.

Motel de Moka

Les plus assidus des fouilleurs d’audioblogs se souviennent sans peine de Motel de Moka, longtemps pourvoyeur de courtes playlists concoctées à un rythme soutenu il y a deux ou trois ans. Le temps s’est considérablement allongé entre les publications, mais de temps à autre émerge encore une compilation agréable. La dernière est planante et dansante juste ce qu’il faut, entièrement composée de remixes (celui de Mayer Hawthorne me chatouille le bassin).
Allez écouter Down by the poolside.

Découvrez la lune

Comment un album tel que The Dark Side of the Moon, expérimental et complexe, fut impossible à transposer sur scène à l’époque. Petite explication artistique, sonore et technique sur France Culture, où l’on parle de quadriphonie, d’analogique, de Moog et de démesure.

Le jazz en marche

L’histoire du jazz cinq volets et deux heures et demie sur France Inter, partant de la Nouvelle-Orléans, louvoyant dans le swing noir américain en passant par la France. Rien de radicalement nouveau, c’est vrai, sauf un aspect méconnu et sans doute le plus intéressant de la série : le jazz chez les Rouges. Tous écoutables en streaming sur le site de la radio.
- New Orleans, berceau du jazz [mp3]
- Black beauty, white dancing : 1917-1931 [mp3]
- La France, terre d’élection [mp3]
- From Swing to Bop : 1935 – 1953 [mp3]
- Red jazz ou le jazz chez les Rouges [mp3]

Et toujours sur France Inter, Interception en a profité pour rediffuser leur sujet sur le demi-siècle des Rolling Stones.

A bout de souffle

La voix est l’instrument, le souffle est le rythme.

Publié il y a 1601 jours En lire davantage à propos de

Il y a peu, deux amis très précieux se sont concertés en quelques mots, en un discret coup de téléphone, pour que je passe un samedi soir loin de mes petits tourments. Il y eut une invitation à dîner, une table en bois aux veines saillantes et patinées, une playlist délicate. Ce fut une soirée délicieuse. Puis, grâce au hasard heureux, avec d’autres plus tard, de ces amis pas vus ensemble depuis longtemps, il y eut les regards bienveillants, les plis des yeux qui trahissent les rires réguliers et la nuit qui avançait. La légère ivresse de la fin de soirée aidait à la détente, la fatigue aussi, mais on conservait cette assurance des belles choses.

Iron & Wine – Friends they are jewels

Une autre histoire d’amitié en revoyant un ami toujours ailleurs. Qui revient d’Inde ; qui compte s’installer à Berlin ; qui repart au Maroc. Pas de forfanterie là-dedans, seulement la conscience excitante d’avoir parcouru l’un et l’autre bien du chemin – jusqu’au sens littéral. Les bouteilles de macon succèdent aux bouteilles de macon. Rentrer tôt disait-on quelques heures auparavant. Si vous êtes du côté de Bordeaux, passez voir son exposition photographique, c’est jusqu’au 22 octobre au marché de Lermes.

J’aime la paume de la main qui étreint solidement une épaule, ce geste fort et fugace plein de tendresse retenue.

Bill Withers – Lean On Me

Je me rends compte que tous ces trucs sur l’adolescence et la musique, les discours troublants, le désir, les amitiés solides, la complexité de les conserver, je m’en foutais bien à l’époque. J’aimais les rythmiques, c’est tout. Je ne réalise que maintenant — c’est-à-dire une éternité après mon adolescence — à quel point mon goût pour la musique rejoint le discours qu’elle portait déjà. Les morceaux et les groupes prennent une autre dimension lorsque j’y accole mes propres errements, mes choix, mes renoncements, mes emportements. J’ai saisi sur le tard l’importance de ce vade mecum qui s’étoffe peu à peu de nouveaux morceaux, et que je trimbale dans des playlists, des albums et des compilations.
Nik Cohn écrit en 1968 dans Awopbopaloobop Alopbamboom que — je cite de mémoire, je ne retrouve plus le passage exact — dans la pop et le rock, tout a été défini dans les années 50 ; la suite n’est qu’un renouvellement plus ou moins réussi de ces bases. L’oubli et l’enthousiasme deviennent alors les deux piliers qui assurent la fraîcheur renouvelée du genre. Fut un temps où je vivais la meilleure soirée de ma vie tous les trois mois, avec le même enthousiasme que je manifeste à un rythme identique pour un morceau qui me parle. Cela prête à sourire mais conserver cela me fait sentir vivant. Vivant et bien accompagné.
Des moments décisifs se sont noués lors de ces retrouvailles avec les amis — ceux qu’on a, ceux dont on souhaiterait tellement qu’il le soit davantage, ceux qui se sont effacés –, grâce aux heures qui s’étirent sans qu’on y prenne garde, à la joie secrète et profonde de se retrouver douze heures après avec les mêmes esprits drôles et enjoués, aux confidences de bout de tablée, à l’armagnac qui grise les fins de soirée d’une délicieuse ivresse, lorsque le corps se relâche confortablement au fond du fauteuil, à cette sensation d’accomplissement en devenir : j’ai avancé, et je l’ai fait avec des personnes uniques.

Publié il y a 1678 jours En lire davantage à propos de

Dans ma tête, il fait encore grand soleil ; dans ma tête, c’est encore la saison chaude. Ce mix brésilo-groovy est d’une merveilleuse aide pour cela. Surtout, montez légèrement le son lorsqu’une guitare légère commence à poindre, lorsque deux voix enjouées, sixties en diable, viennent former un choeur : c’est Take me back to Piaui, ce morceau brésilien avec orchestration de cuivres un peu kitsch, sur lequel on a rajouté de brillants petits breaks au Clavinet à damner n’importe lequel d’entre nous.

9 octobre 2012 Audioblog

J’écoute Françoiz Breut. Flash-back : nous sommes en 2000 et un jour de juin je reçois un court mail sorti de nulle part qui devait grosso modo me dire « J’aime bien Buckley, toi aussi, écrivons-nous ». C’était une fille, elle avait récupéré mon adresse mail dans l’un des rares messages que je postais sur des forums consacrés à la musique. Hasard heureux, nous avions le même âge et les mêmes goûts musicaux. Elle vivait à plusieurs centaines de kilomètres de ma banlieue parisienne, nous avons débuté une correspondance.
C’est elle qui m’a fait écouter Françoiz Breut la première fois, « l’ex de Dominique A » pour justifier son choix, la femme du Twenty-Two bar. On s’envoyait des cassettes de musique, je reconnaissais immédiatement ses courriers à sa très belle écriture déliée. Vous ne verrez sans doute jamais plus belle écriture manuscrite.
Dans une de ses cassettes, elle avait glissé Everyone kisses a stranger et Si tu disais.

Plus de dix ans après, Françoiz Breut vient taper de nouveau à la porte avec La Chirurgie des sentiments. Et qu’importe le temps passé, lorsque la voix doucement atone de Françoiz Breut me revient à l’oreille, une association immédiate et tenace se produit, je pense à cette amie importante et lointaine. Et ce que je découvre en l’écoutant n’est jamais ni tout à fait familier, ni tout à fait inconnu.

Françoiz Breut – L’astronome

De ce timbre, de cette langueur délicieuse, de ces petites pièces écrites et produites avec soin comme autant de miniatures délicatement travaillées, ressort un confort chaleureux, une impression familière très agréable.
Cependant, cette fois, quelque chose a changé légèrement, un détail presque imperceptible pour qui y jetterait une oreille un peu trop distraite. Il y a dans cet album de la gaîté musicale : un morceau donne envie de claquer des doigts et d’esquisser un pas de côté. Pour qui a grandi avec Françoiz Breut et Vingt à trente mille jours, c’est une petite pirouette intérieure. Elle n’est pas seulement la figure un peu raide entrevue au côté de Dominique A, je suis même ravi d’imaginer que « Françoiz » – cette voix obscure et fascinante résonnant sur une bande magnétique bricolée – peut s’amuser avec un 4-pistes et une boîte à rythme dans sa salle de bain pour donne le ton d’une ébauche qui aboutit à Michka Soka.

Françoiz Breut – Michka Soka

Cela fait des années que je n’ai pas eu de nouvelles d’Elsa, elle a réalisé de brillantes études et vit sans doute à l’étranger. Je doute de la revoir un jour mais lorsque j’entends Françoiz Breut me susurrer des mots de sa voix étrangement détimbrée, je me plais à imaginer qu’à elle également, aussi loin que soit Cherbourg désormais, Françoiz Breut lui rappelle nos dix-huit ans.

[ Écouter La Chirurgie des sentiments / Acheter ]

Publié il y a 1691 jours En lire davantage à propos de

Eagle*Seagull – Death could be at the door

Je me demande ce que deviennent les chansons chéries qu’on ne supporte plus. Ces morceaux enlacés de bien trop près à des instants qu’on préfère oublier. Je les imagine groupés dans un recoin sombre, s’enfonçant dans une lessiveuse à gros rouleaux mousseux, identique à celle où mon oncle plaçait sa voiture et moi à l’intérieur ; une lessiveuse qui ôterait patiemment toutes les scories accumulées. Durant le temps de cet oubli volontaire, je fais en sorte de ne plus les croiser, je change de trottoir dans ma discothèque, j’évite certains quartiers, je rabats ma capuche et prends un air menaçant. Et un dimanche, lorsque quelques-uns s’y enfoncent pour longtemps, un autre en ressort nettoyé de ses piquants et redevient un morceau que j’aime.

30 septembre 2012 Audioblog

Le monsieur qui parle a 84 ans et habite Roubaix. Fils d’ouvriers du Nord, il raconte les bribes de sa vie encore vivaces avant qu’ils ne rejoignent définitivement l’obscurité. Sur les étagères de la longue et haute bâtisse ouvrière, disséminés au fil des étages, on trouve des livres, des cassettes et des disques. Ce monsieur, Claude, a toujours aimé le jazz et écoutait les Beach Boys dans les années 60. Chez lui, on trouve même des compact-discs de Lauryn Hill, Eric Clapton, Ben Harper ou Stan Getz. Assis dans le canapé en cuir fatigué du salon durant un après-midi, avec le chien jamais loin, les souvenirs s’entremêlent, tournent en boucle et s’arrangent avec la vérité, puis s’effacent peu à peu – comme on dit pudiquement.
Claude a fini sa vie hier. C’était mon grand-père, mais je ne suis pas triste, non, puisqu’il demeure celui qui m’a copié ma première cassette de Queen (Live at Wembley) et m’a fait écouter AC/DC. Oui, rien de moins que ça.

23 septembre 2012 Audioblog

En boucle, sa batterie, sa ligne de basse, en boucle, ses huit minutes en montagne russe, en boucle, ce cri électrique vers la sixième minute et sa dixième seconde où on devine le coup de hanche contre la guitare, en boucle, cette voix, en boucle, cette musique bruyante, en boucle, en boucle, en boucle.

[ Ecouter You in reverse / Built to spill raconté par Philippe Dumez ]

20 août 2012 Audioblog

Il y a vingt ans à Seattle, on prenait de l’héro en explosant les amplis, voire directement son public. C’était fun, on se marrait bien.
Aujourd’hui, on porte toujours les mêmes chemises à carreaux, auquel on ajoute un bonnet et éventuellement la barbe si on est perfectionniste. Mais les groupes font désormais du folk harmonique. Bref, deux décennies d’écart entre la X-generation et les copycats de Fleet Foxes.

The Elderly est donc un trio de là-bas et pourrait tout à fait suppléer les Fleet Foxes pour chanter une comptine à votre gamin.
Pour respecter les quotas de look, l’un porte la barbe, l’autre un bonnet et le dernier est une fille. Ils remplissent toutes les cases du folk bullshit bingo : chant harmonique, banjo, claps de mains et l’automne qu’on sent poindre sur une peau de bête devant un feu de cheminée.

- Écoutez-en davantage sur leur Bandcamp :
http://theelderly.bandcamp.com/ ]

4 juin 2012 Audioblog

Comment se passe une Soirée de poche, comment fait-on rentrer soixante personnes dans un appartement pour assister à un concert dans le salon, qui sont tous ces gens d’ailleurs. Et vous, que faites-vous là ?

1 novembre 2010 Audioblog

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